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Anémone

Anne Bourguignon est née le 9 août
1950 à Paris.
Fille d'un psychanalyste, elle vit une adolescence
agitée, fréquentant l'avant-garde française alors
passablement embrumée dans les sous-sols de Saint-Germain-des-Prés.
Nous sommes au milieu des années 60, et la jeune fille se lie avec
les acteurs Pierre Clémenti et Jean-Pierre Kalfon, ainsi qu'avec
le metteur en scène Marc'o, tournant son premier film en 1966,
le moyen métrage Anémone, réalisé par Philippe
Garrel dont c'était aussi le premier film. Elle y trouvera son
pseudonyme et le début d'une carrière qui s'annonce encore
cahotique. Anémone part alors pour Reims étudier l'art dramatique
au sein de la compagnie dirigée par Robert Hossein, et c'est là
qu'elle découvre sa capacité de faire rire quand elle incarne
Nicole dans "Le bourgeois gentilhomme". En 1975, alors que sa
carrière au cinéma ne décolle pas (hormis un premier
rôle, avec le débutant André Dussollier, dans Le couple
témoin, du photographe William Klein), elle fonde le café-théâtre
La Veuve Pichard avec Gérard Lanvin et Martin Lamotte, puis retrouve
la folle équipe du Splendid pour leur pièce "Le Père
Noël est une ordure". C'est le début de la gloire pour
la comédienne, qui apparaît de plus en plus souvent au cinéma,
se spécialisant dans la comédie où elle joue de son
physique de grande fille à la voix cassée pour des personnages
souvent ingrats mais extrêmement drôles, entre grande bringue
semeuse de catastrophes et nymphomane extravertie. Néanmoins, elle
reste encore cantonnée dans les seconds rôles, sauf chez
Leconte et Poiré où elle trouve enfin des personnages à
sa (dé)mesure : après s'être imposée dans Pour
cent briques, t'as plus rien !, d'Edouard Molinaro, elle est une photographe
de mode en quête de conquêtes amoureuses dans Ma femme s'appelle
reviens, elle incarne surtout, dans Le Père Noël est une ordure,
une inoubliable Thérèse, employée de SOS Détresse
Amitié, femme sexuellement frustrée et objet de tous les
fantasmes de son collègue Pierre. Un personnage qui collera à
la peau de la comédienne pendant de longues années, qui
récidive inlassablement dans la comédie pendant les années
qui vont suivre. Elle tourne deux films sous la direction de son mari
Philippe Galland : Le quart d'heure américain, dans lequel elle
campe une animatrice de radio qui s'amourache d'un paumé (Jugnot),
et Le mariage du siècle (qu'elle co-produit), parodie des mariages
princiers sur fond de principautés de pacotille. Sous l'impulsion
de Michel Deville (elle est une mystérieuse voisine aux multiples
personnalités dans Péril en la demeure) et de Christine
Pascal, Anémone va néanmoins changer de registre, développant
des personnages plus intériorisés, plus mûrs. Elle
remporte d'ailleurs le César de la Meilleure actrice en 1986 pour
un rôle dramatique dans Le grand chemin (récompense qu'elle
refusera), et retrouve le toujours austère Philippe Garrel, qui
l'avait fait débuter, pour un personnage d'actrice connue qui brise
malgré elle le couple d'un réalisateur dans Les baisers
de secours. Styliste tout en dérision dans Après après-demain,
mère courage adepte du système D dans Maman, elle retrouve
ce dernier profil pour Le petit prince a dit, où sa petite fille
est atteinte d'une grave maladie. Tonie Marshall en fait une détective
privée maussade dans Pas très catholique, puis la comédienne
incarne la mère de Toulouse-Lautrec dans le Lautrec de Planchon.
Après plusieurs petits rôles sans grande importance, la voici
aujourd'hui dans la peau de la bonne copine d'Emmanuelle Béart
dans Voyance et manigance...
Joli
full-frontal pour commencer sa carrière "Le couple témoin",
puis quasiment plus rien...
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