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Bernadette Lafont

Née le 26 octobre 1938, elle est la mère
de la regrétée Pauline Lafont.
Midinette du Midi, Bernadette Lafont, fille de
pharmacien, prend des cours de danse à l'Opéra de Nimes,
et rêve de cinéma -en 1955, elle assistera, émerveillée,
au tournage des Salauds vont en enfer avec son idole Marina Vlady. A 16
ans, elle rencontre Gérard Blain, comédien venu jouer dans
la région. Grâce à celui qui deviendra brièvement
son mari, elle côtoie, à Paris, les Jeunes Turcs de la Nouvelle
Vague. Truffaut lui offre en 1957 son premier rôle dans le court
métrage Les Mistons et la même année, elle tourne
dans Le Beau Serge, coup d'essai, couronné de succès, de
Claude Chabrol, un cinéaste qui lui sera toujours fidèle
(Les Bonnes femmes, qui fait scandale en 1960, Inspecteur Lavardin en
1986).
Brune sensuelle qui ne s'en laisse pas conter,
l'égérie de la Nouvelle vague, vue dans L'Eau à la
bouche, travaille bientôt avec les francs-tireurs Pollet et Garrel
(Le Révélateur en 68), mais ces oeuvres novatrices n'attirent
pas les foules. En 1969, son rôle de fille rebelle aux moeurs légères
dans La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan permet à Bernadette
Lafont, incarnation du vent de liberté qui souffle alors sur la
société, de renouer avec le succès. Héroïne
en 1972 d'Une belle fille comme moi, la comédie de Truffaut, elle
forme avec Léaud et Francoise Lebrun le trio amoureux de La Maman
et la Putain, film-culte d'Eustache présenté à Cannes
en 1973.
A partir des années 70, Bernadette Lafont
alterne sans complexe les oeuvres les plus pointues (Out 1 et Noroit du
vieil ami Rivette, les films de Davila ou Pierre Zucca) et les comédies
de Max Pécas ou Claude Confortès, un anticonformisme qui
n'est pas pour déplaire à Jean-Pierre Mocky (Le Pactole
en 1985). César du Meilleur second rôle en 1986 pour sa prestation
dans L'Effrontée, Bernadette Lafont trouve moins de personnages
à sa mesure dans les années 90 -même si on l'aperçoit
chez Ruiz ou Bonitzer. Elle n'en conserve pas moins une belle côte
d'amour auprès du public, mais aussi des réalisateurs de
la nouvelle génération, tels Marion Vernoux (Personne ne
m'aime en 1993), Patricia Plattner (Les Petites couleurs en 2001) ou Olivier
Peyon (Les Petites vacances en 2006). L'actrice se voit décerner
en 2003 un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
Plusieurs
fois nue intégrale au cinéma, notamment un étonnant
full frontal dans "La maman et la putain" de Jean Eustache (en
noir et blanc), et le fameux "Colinot trousse-chemise" de Nina
Companéez.
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